Souvenirs d’enfance

Une tartine au beurre et de la confiture faite maison. Pour être honnête, au moins deux ou trois tartines à la fois. Et un verre d’eau gazeuse bien froide avec du sirop. Tout cela préparé par ma grand-mère. C’est ça le goût de mon enfance. Au début de l’été, c’était toujours les fruits frais, les nouvelles confitures et les après-midis passés avec ma grand-mère, sélectionnant attentivement chaque pétale et chaque baie qui rentraient dans le chaudron. J’étais l’enfant le plus important au monde, en assurant que le résultat final s’élevait aux standards requis. Et je goûtais toujours les confitures bien avant tout le monde. Le temps a passé, j’ai grandi, mais je rêvais toujours au bon goût des confitures de ma grand-mère. J’ai essayé celles qu’on peut acheter dans des petites épiceries et même chez des artisans locaux – chaque confiture n’était qu’une infâme pâte de fruits et, dans ma tête, cela clochait – je m’attendais au moins à quelques morceaux de fruits, pour ne pas dire à des fruits entiers. En plus, la plupart des confitures contiennent au moins une quinzaine d’ingrédients différents juste pour améliorer le goût ou pour les rendre bien gélifiés.

La passion

Je suis un grand passionné de cuisine, donc pour moi il ne restait qu’une seule solution: les faire moi-même. J’ai commencé de mémoire – un échec monumental. Ensuite, j’ai appelé ma mère – des petites améliorations (en effet, j’avais réussi à faire d’assez bonnes confitures), mais ce n’était pas tout à fait juste. Quelque chose manquait. Donc, j’ai commencé ma recherche – à lire et à essayer des anciennes recettes que j’avais trouvés dans des livres des années 1600 (l’anglais ancien c’est tellement drôle). Ces essais ont produit beaucoup de “gelée aux fruits entiers” (“jelly with the whole fruit” comme ils y l’appellent) – pétale de rose délicate, cerise amère, abricot frais ou le plus spécial : bolet. Bientôt, mon garde-manger fut rempli de pots de confiture, donc j’ai rendu mes amis très heureux en leur offrant un souvenir si précieux. Et quand Andra m’a raconté un peu près la même histoire, nous avons commencé à réfléchir ensemble. On faisait déjà plus de confitures qu’on ne pourrait jamais en manger, donc pourquoi ne pas en faire encore plus – 100 % naturelles, 100 % écologiques, 100 % durables – et les partager avec tout le monde (pour un prix, bien sûr) ? Et parce qu’on était déjà en train de laisser libre cours à notre imagination, pourquoi pas ne pas les faire aussi 100 % suisses (nous savions que cette partie ne sera pas si facile que ça, tout simplement parce que tous les ingrédients ne poussent pas en Suisse. Mais tout le monde connaît le chocolat suisse, même si le cacao ne vient pas de Suisse). Bref, nous avons tout mis par écrit et avons décidé d’essayer. Et c’est ainsi que Gourmet Sauvage est né.

Le défi

Pour nous, Gourmet Sauvage a commencé comme une expérience et un défi. Est-ce qu’on peut faire tout : Naturel ? Nous mijotons tout en petite quantité, selon des méthodes traditionelles. Que des fruits, des fleurs ou des légumes frais et de saison, du sucre et des épices. Rien d’autre. Suisse ? Les ingrédients – oui. Les bocaux – oui. Les étiquettes – oui. Cuisson et conditionnement – oui. On peut certainement dire que nos produits sont 100 % suisses, ce qui les rend aussi écologiques avec une empreinte réduite en carbone. Végétalien ? Oui, tous nos produits le sont par définition, et aussi sans gluten et sans lactose, donc on ne réinvente pas la roue. Écologique ? Tous nos emballages sont recyclables ou biodégradables (verre, carton ou papier). Durable ? Nous n’utilisons que des plantes de saison sauvages ou provenant de petites exploitations vaudoises pour soutenir l’économie locale. Nos confitures sont faites avec du sucre de betterave de fabrication suisse (pas de sucre de canne, qui oui est à la mode, mais qui vient de très loin). Honnête ? Nous savons que cela ne peut paraître qu’un slogan, mais nous voulons être honnêtes à 100 % sur ce que nous faisons et comment nous le faisons. Lançons-nous ensemble dans cette aventure appelée Gourmet Sauvage.